Armel Landreau élève des porcs avec conviction. Il a pris la suite de son père et de ses grands-parents, au Pontreau à Saint-Pierre-le-Vieux. Son objectif en s’installant ? Valoriser la production existante en la faisant évoluer vers la filière bio. Une entreprise courageuse qui porte ses fruits aujourd’hui grâce à sa pugnacité et à la solidarité de la coopérative.

« J’ai grandi avec les cochons, raconte Armel. Devenir agriculteur n’a pas toujours été une évidence. » Après son bac scientifique, Armel obtient un BTS production végétale avec la spécialité semences. L’envie d’apprendre le conduit vers des études d’ingénieur en agro-développement international. Durant plus de cinq ans, Il enchaîne des expériences à l’étranger : élevage de 15 000 moutons Mérinos dans une ferme de 20 000 ha en Patagonie ; production de tomates en Guadeloupe ; montage de serres dans l’Himalaya ; aquaculture en Polynésie française… « Quand j’ai décidé de revenir sur la ferme familiale, j’avais quelques idées révolutionnaires en tête, sourit Armel. Tout doucement, je me suis remis à niveau ! Mon père m’a transmis la réalité du travail au quotidien sur ce territoire. Nos expériences mutuelles ont permis d’en être là aujourd’hui. »
Une leçon de vie
La représentation commune du cochon ne reflète pas son véritable état. « Ce sont des animaux très propres et grégaires qui aiment jouer, décrit Armel. Leur combativité est une vraie leçon de vie pour moi. Lorsqu’un cochon dépérit, il suffit de le mettre avec deux ou trois autres pour qu’il retrouve la pêche. Le cochon est résilient comme peut l’être l’agriculteur ! » Armel Landreau a débuté le porc bio en 2018-2019. « J’étais l’un des derniers convertis en bio au sein de Porcinéo. J’ai été bien accompagné par notre groupement dans une période compliquée », témoigne reconnaissant Armel. « Si on n’avait pas eu Bioporc au sein de la coopérative au moment de la crise de 2020-2021, il n’y aurait plus de cochons bio sur cette ferme ! Aujourd’hui, les résultats sont là car on retrouve des volumes, des contrats et la confiance », apprécie l’éleveur et nouveau Président de l’organisation des producteurs bio de Cavac.
Des cultures pour nourrir ses porcs
L’élevage d’Armel Landreau compte aujourd’hui 1 600 porcs. Il est épaulé au quotidien par Christophe Poivre, salarié. 160 porcelets sont attendus dans la semaine. 300 autres arriveront la semaine suivante. « Dans les prochains jours, notre travail avec Christophe sera de laver les salles et curer les cases ». Le lisier bio servira à enrichir les terres pour les cultures destinées à l’alimentation des porcs. « Nous produisons une partie des aliments bio pour nos animaux », souligne Armel. Juste à côté du bâtiment d’élevage, un FAF a en effet été construit par les grands-parents d’Armel dans les années 70. Maïs, féverole, triticale, orge et compléments alimentaires y sont stockés et assemblés.
Un rythme de production régulier
Les nouveaux porcelets seront répartis dans les trois salles, sur caillebotis, de 130 m2 dédiées au post-sevrage. Chaque salle s’ouvre sur une case abritée, sur paille, d’une surface similaire. Durant cinq à six semaines, ils seront nourris de farine, à volonté, toute la journée. De 10,5 kg en moyenne à leur arrivée, les porcelets passeront à un peu plus de 30 kg. Jusqu’à 80 kg, ils recevront des aliments plus riches pour accompagner leur croissance. Et pour la finition (de 80 à 120 kg), leur nourriture sera plus énergétique. À partir de 160 jours d’âge, tous les 15 jours, les porcs seront pesés. « La balance est le dernier maillon de la chaîne pour valoriser au mieux notre travail, explique Armel. En suivant les poids demandés, on va chercher l’optimisation du prix sur le poids carcasse. » Armel livre à Porcinéo entre 60 et 120 porcs par semaine avec un débouché assuré, notre filiale Bioporc.
Le Saviez-vous ?
Notre filiale Bioporc transforme 164 carcasses de porcs par semaine provenant des élevages des huit producteurs bio adhérents à notre groupement Porcinéo dont celui d’Armel. 280 références sont fabriquées à la Châtaigneraie et distribuées dans les réseaux spécialisés et en GMS. Chaque année, une rencontre est proposée avec les éleveurs pour présenter les évolutions du marché, les attentes des clients et des consommateurs. La prochaine aura lieu le 13 mars. Des visites sont également organisées en élevage avec les clients, par exemple l’an dernier, La Vie Claire et Bonneterre. Autant d’occasions d’échanger sur la filière.