Ils cultivent la semence

Francis et Laurent Bordage cultivent le ray-grass semence à La Roche-sur-Yon. Cette culture sert à nourrir leur cheptel de Charolaises et apporte un complément de revenu. La semence est triée, analysée et conditionnée à la station des productions végétales spécialisée (PVS) de Cavac à Mouilleron-le-Captif.

Laurent (à gauche) et Francis (à Droite) sont frères et associés. Sur leurs 30 ha de ray-grass, 18 ha sont destinés à la semence.
Laurent (à gauche) et Francis (à Droite) sont frères et associés. Sur leurs 30 ha de ray-grass, 18 ha sont destinés à la semence.

Ce jeudi 30 avril, l’orage monte sur les Hauts Ajoncs à La Roche-sur-Yon. « 15 mm de pluie seraient impeccable ! », espère Francis, polyculteur éleveur avec son frère. Le ray-grass semence a été ensilé il y a une quinzaine de jours. « C’est plus tôt que d’habitude, précise l’agriculteur. Le Ray-grass a très bien poussé cet hiver. » Cette première coupe de printemps fera de l’ensilage ou de l’enrubannage pour nourrir les vaches allaitantes l’hiver prochain. Une deuxième culture vient de débuter, celle du ray-grass semence. « La moisson devrait se faire fin juin, début juillet, mais pour qu’il y ait quelque chose à ramasser, il va falloir qu’il pleuve ! » L’orage qui s’annonce sera donc le bienvenu.

Les frères Bordage cultivent le ray-grass depuis vingt ans. « Il est très adapté au bocage car il ne craint pas d’avoir les pieds dans l’eau l’hiver, explique Francis. Et rien ne se perd ! À la moisson, la semence est récoltée d’un côté et la paille de l’autre pour l’élevage. »

Corentin Rabouin, technicien cultures spécialisées de Cavac accompagne Francis et Laurent Bordage dans la culture du ray-grass semence.
Corentin Rabouin, technicien cultures spécialisées de Cavac accompagne Francis et Laurent Bordage dans la culture du ray-grass semence.

Le moment de la moisson est décidé d’un commun accord entre les agriculteurs et le technicien. « Le stade de la fauche est primordial, confirme Corentin Rabouin, technicien cultures spécialisées de Cavac. En fonction des années, la fenêtre de tir est plus ou moins réduite. En 2025, elle était d’une journée. En 2024, nous avions trois jours. » La graine doit en effet être mûre mais pas trop et le taux d’humidité inférieur à 14% pour éviter le séchage à la station PVS.

Une fois la semence de ray-grass récoltée, la paille est valorisée dans l’alimentation du bétail.
Une fois la semence de ray-grass récoltée, la paille est valorisée dans l’alimentation du bétail.

Un bilan carbone optimisé depuis dix ans

Le jour J de la moisson déterminé, la fauche se déroule au petit matin à la rosée pour éviter l’égrainage de la semence sur la parcelle. « Il y a dix ans, il n’y avait pas de pré fauche, la récolte était directement moissonnée et partait  à la station de Mouilleron, se souvient Francis. Le taux d’humidité dépassait alors les 30%. Aujourd’hui, la graine sèche naturellement sur le terrain durant cinq à six jours.  À terme, en moyenne, le taux d’humidité avoisine les 11%. » La pratique a fait ses preuves. Elle évite les frais de séchage et limite l’impact carbone de cette production.

Karine Charrier, responsable du laboratoire PVS à Mouilleron-le-Captif analyse la pureté de la semence de ray-grass au diaphanoscope.
Karine Charrier, responsable du laboratoire PVS à Mouilleron-le-Captif analyse la pureté de la semence de ray-grass au diaphanoscope.

Une fois la récolte terminée, la semence est réceptionnée à la station PVS à quelques kilomètres de la parcelle des frères Bordage. Un échantillon est aussitôt envoyé dans un laboratoire indépendant. « Dans notre laboratoire, nous réalisons trois analyses, explique Karine Charrier, responsable du laboratoire PVS, sur la semence brute, lorsqu’elle est triée puis une fois conditionnée. » La pureté spécifique et le dénombrement de la semence sont évalués et un test de germination est réalisé selon le protocole ISTA. Le taux de germination doit atteindre les 75% pour que le lot de semences soit commercialisable. « Grâce aux investissements et savoir faire des opérateurs en usine et aux conseils des techniciens au champ pour optimiser la récolte, nous sommes reconnus par nos clients, explique Dominique Tristant, directeur agronomie et pôle semences de Cavac. Ce n’est pas un hasard si nous sommes un des acteurs majeurs du marché de la semence fourragère en France. »

Le saviez-vous ?

Pour répondre à la demande, les surfaces de multiplication du ray-grass semence progressent depuis plusieurs années au sein de la coopérative : 1 000 ha en 2025 ; 1 300 ha en 2026 ; 1 600 ha en prévision pour 2027. Vous êtes intéressé ?

Contact : Corentin Rabouin, technicien cultures spécialisées au 06 26 09 16 83

À Écouter

LE PODCAST

Mots-clefs :
Trouvez vous ce contenu utile ?
Pas utile 0
Vous souhaitez en savoir plus (projet, question technique, demande de formation), merci de prendre quelques instants pour nous contacter !
Rechercher sur le site