Justine Huet élève des lapins depuis tout juste une année. La jeune femme a fait le choix, avec son mari, de quitter l’Île de la Réunion pour s’installer en Vendée. Après un parcours professionnel dans la vente, elle se lance dans l’élevage de lapins. Récit d’une reconversion réussie.

Justine et Luiggi sesont mariés sur l’Île de la Réunion en 2010. Deux premiers enfants, Oriana et Lyna, naissent de leur union. Ils décident alors de quitter leur famille et leur île. « Nous voulions assurer les études et l’avenir de nos filles », explique la maman. Ils sont accueillis par des amis vendéens, aux Épesses, en juillet 2019. Et c’est en faisant les courses, que Luiggi Huet retrouve par hasard Karine Coutant dont les chemins professionnels s’étaient déjà croisés à la Réunion, en tant que techniciens cunicoles, tous les deux ! Après son expérience réunionnaise, Karine a rejoint la CPLB. La coopérative des producteurs de lapins recherche justement en ce moment un technicien. Luiggi intègre alors le groupement. De son côté, Justine travaille dans la vente. Après la naissance d’Alya en 2021, elle commence à réfléchir à la suite de sa carrière. « Mes enfants me reprochaient de n’être jamais là, confie-t-elle. Je cherchais à quitter mon travail pour être plus disponible pour ma famille et mes trois filles. » Avec son mari, elle découvre l’élevage de lapins. « Je n’avais pas du tout l’optique de devenir éleveuse. » Mais au fur et à mesure, l’idée fait son chemin. « Luiggi m’a fait aimer ce métier. » Une opportunité de reprise se présente alors. Justine se forme auprès du cédant, Régis qui part à la retraite. En mai 2024, elle démissionne de son poste de vendeuse et en janvier 2025, elle se lance dans une nouvelle aventure : l’élevage de lapins ! Karine devient alors sa technicienne et l’accompagne au quotidien. « Luiggi n’est jamais très loin, sourit Justine. C’est très sécurisant pour moi. »
Des journées adaptées à une vie de famille
Ce jeudi 13 novembre est un jour important pour Justine. 4 200 lapins doivent partir à 20h30. Après avoir déposé ses filles à l’école, dès 9h, Justine est à l’ouvrage. « Ce métier me permet de gérer mon temps de travail tout en étant là pour mes enfants. » La température dans le bâtiment est agréable et la radio locale Alouette chante les tubes du moment. « Elle est branchée en continu pour assurer une présence », explique Justine. Son travail commence par l’observation de ses lapins dans ses deux espaces, maternité et engraissement, « pour vérifier que tout va bien. » Traitement de faveur pour les lapines de six semaines. Elle les nourrit à la main pour ajuster au mieux leur rationnement. Les autres sont alimentées via le distributeur. Ensuite, place au nettoyage. « Je lance le racleur quotidiennement et un éleveur du coin vient récupérer le lisier régulièrement. » Travail supplémentaire ce jeudi, le souffleur pour faciliter les départs et commencer à nettoyer l’espace engraissement qui sera totalement vide ce soir. « J’y installerai les jeunes mères pour les mises bas. »
Une première année riche
Une certaine fierté se lit dans le regard de Justine. « Je suis contente de livrer de beaux lapins ce soir », apprécie l’éleveuse. Une réussite que Justine tient à partager avec tous ceux qui lui ont fait confiance dès les premiers jours et l’accompagne aujourd’hui. « Je remercie en particulier Régis qui m’a appris le métier et son épouse Régine. Ils ont été très importants dans la compréhension et l’appréciation de cet élevage. » Aucun regret pour Justine par rapport à sa précédente vie professionnelle. « Pour moi, c’est une reconversion réussie. »
Le saviez-vous ?
Une nouvelle station d’essais cunicole CPLB est opérationnelle aux Brouzils (85). Cet équipement regroupe maternité et engraissement dans un même bâtiment. C’est l’une des rares stations en France à permettre des essais grandeur nature. L’impact de nouvelles pratiques alimentaires ou de conduite d’élevage pourra ainsi être mesuré. Deux nouvelles lignes de silos, des boîtiers Ecorel, et deux panneaux d’eau dotés chacun d’une pompe doseuse viennent compléter l’installation, pensée pour délivrer des résultats fiables et directement exploitables par les techniciens comme par les éleveurs.