Nicolas Beaubeau est en grandes cultures dans le marais desséché, à Taugon en Charente-Maritime. Depuis son installation en 2023, il a connu deux inondations et une sécheresse ! Alors, comme beaucoup d’agriculteurs, il s’adapte pour faire face aux évolutions climatiques, trouve des alternatives pour valoriser au mieux ses productions… Les contrats en filières en sont une, notamment celles en maïs semoulier.

Les 180 hectares des surfaces agricoles de Nicolas se situent dans le périmètre de l’association syndicale des marais desséchés de Taugon-La Ronde. Il s’agit d’un marais endigué avec, de part et d’autre, la mer et le marais mouillé. Ses terres sont théoriquement protégées des crues hivernales et disposent de réserves hydriques qui profitent à ses cultures de printemps. « C’est ce qui nous permet de récolter quelque chose cette année alors que sur d’autres secteurs, c’est quasi zéro ! », reconnaît le cultivateur. Nicolas n’est pourtant pas épargné par les évolutions climatiques. « Depuis que je suis installé, j’ai connu deux inondations et une sécheresse. C’est beaucoup en trois ans ! » En 2026,Toutes les cultures dans le Marais ont souffert, excès d’eau cet hiver et sécheresse cet été. Ce jeudi 13 août, les parcelles de maïs les plus précoces de Nicolas sont déjà bonnes à battre. « C’est du jamais vu ! Le semoulier sera battu la semaine prochaine et le reste d’ici la fin août. »
Cette précocité aura un impact négatif sur ses rendements. Une bonne nouvelle cependant, la qualité devrait être au rendez-vous et le passage au séchoir sera bref ! Le maïs semoulier de Nicolas affiche en effet un taux d’humidité à 19% mi-août, au lieu de 30% habituellement. Il devra descendre à 15% pour répondre au cahier des charges du semoulier.
Un cycle de culture court
L’un des avantages du maïs semoulier est sa précocité. Une année “normale”, il est implanté début avril et récolté dès la mi-septembre pour les premiers. Cette culture permet ainsi de lisser la collecte sur une période plus longue. « Nous pouvons aussi préparer nos sols pour la culture suivante dans de bonnes conditions avant l’arrivée des pluies, explique Nicolas Beaubeau. Dans le marais, c’est important. » En plus des compléments de prix prévus dans les contrats filières maïs semoulier, cette culture est plus économe en intrants et nécessite un apport en eau 15 à 20% inférieur au maïs standard.
Une année très atypique
Nicolas Beaubeau a réintroduit cette année le maïs semoulier dans ses cultures. « Mon beau-père en a fait durant plusieurs décennies sur ces mêmes terres. Personnellement, j’y vois un double intérêt : agronomique avec le travail du sol et financier avec les compléments de prix. » Si cette année très atypique ne remet pas en cause la poursuite de cette culture, Nicolas s’interroge plus globalement sur l’évolution nécessaire de ses assolements. « Quand en plus de l’impact du climat sur mes rendements, s’ajoutent des marchés mondiaux des céréales en chute, ma visibilité à court terme est limitée », témoigne-t-il. Nicolas cherche donc à diversifier ses assolements. Il a notamment introduit le pois chiche. « Il faut savoir s’adapter et trouver des solutions. Les contrats filières en sont une. Je n’ai pas la possibilité, ici, d’ouvrir un atelier d’élevage, car la création d’un bâtiment dans le marais est très compliquée. Alors je me diversifie autrement. » Nicolas Beaubeau parle en connaissance de cause. Avant de devenir agriculteur, il a travaillé vingt ans au Parc Naturel Régional du Marais Poitevin dans l’accompagnement des éleveurs, en soutien à l’élevage et à la restauration des prairies naturelles. Il est ici comme dans un poisson dans l’eau. Son BTS agricole en production aquacole y est sans doute pour quelque chose !
PODCAST À la rencontre de Nicolas Beaubeau
Le Saviez-vous ?
Le maïs semoulier est utilisé dans l’alimentation humaine. On le retrouve dans les biscuits apéritifs, mais aussi dans la bière où il est mélangé avec le malte. La filière maïs semoulier est développé depuis plus de 25 ans à Cavac avec un doublement des volumes en dix ans. En 2026, 300 sociétaires de la coopérative ont contribué au dynamisme de cette filière à valeur ajoutée avec des débouchés nationaux, européens et internationaux via notamment le silo Cavac aux Sables-d’Olonne.