Gagner en performance

Tanguy Moreau élève des Blondes d’Aquitaine dans le Marais Breton. Le 1er janvier 2025, il a pris la suite de son père qui lui-même avait repris la ferme de son beau-père. Tanguy perpétue les valeurs de ses “pairs” dans la tradition familiale tout en allant de l’avant. Rencontre avec un jeune éleveur qui conjugue la performance avec ses valeurs.

Tanguy Moreau, 25 ans, a repris la ferme familiale le 1er janvier 2025.
Tanguy Moreau, 25 ans, a repris la ferme familiale le 1er janvier 2025.

« Cette ferme, je la connais depuis que je suis tout petit. Je n’aurai jamais exercé mon métier ailleurs que dans le Marais Breton. » Si Tanguy n’a pas toujours su ce qu’il voulait faire, lorsque sa décision a été prise, le retour sur ses terres natales a été une évidence. « Après le collège, je ne savais pas trop vers quoi m’orienter. J’ai opté pour un Bac pro CGEA*, puis un BTS ACSE**. J’ai poursuivi en licence commerciale à l’École supérieure d’agriculture d’Angers en apprentissage. J’ai tenu deux mois ! »  C’est dans cette même période qu’Éric, son papa, s’est retrouvé en arrêt maladie. Tanguy est alors venu lui prêter main forte comme son père l’avait fait au décès de son beau-père. Pour pouvoir s’installer, Tanguy a dû intégrer le service de remplacement de la Chambre d’Agriculture. « Durant un an et demi, j’ai effectué une vingtaine de remplacements. Ça m’a beaucoup appris, tant par la diversité des productions que j’ai été amenée à gérer que par la dimension sociale de ce service. »  

Une installation accompagnée

Pour son installation, Tanguy a été accompagné financièrement et techniquement par les équipes de la coopérative. En plus de la Dotation Élevage Cavac – une aide directe de 15 000 euros – il a bénéficié d’un prêt à taux zéro de 75 000 euros et de 2 000 euros d’aides aux facilités de travail avec Equipéo. « J’ai pu m’équiper d’un bras pour la vêleuse et d’une porte à vêlage. C’est plus confortable et moins risqué », apprécie l’éleveur. Tanguy a également investi dans six caméras pour surveiller ses vaches. « En période de vêlage, je peux les observer à table en mangeant ou dans mon lit. Ça rend moins dur le réveil toutes les trois heures la nuit ! »  Pragmatique, Tanguy cherche à optimiser son travail pour trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. « Je calcule beaucoup plus que mon père, tout en gardant ses valeurs ».  Son objectif est également de gagner en performance en relançant notamment la génétique. « Tout part du taureau. Mon premier critère est le calme de la bête pour bien travailler avec. Le gabarit de l’animal est important. À la naissance, je préfère les gros veaux. »

Du professionnalisme et de l’humain

Au quotidien, Tanguy peut compter sur Victorien, son conseiller technico-commercial végétal pour les cultures de maïs, les apports d’engrais, l’enrubannage… Patrice, son technicien optimisation production Bovinéo lui apporte des conseils pour l’alimentation de ses Blondes d’Aquitaine et Olivier l’accompagne pour commercialiser au mieux ses vaches. « Chacun est à l’écoute et réactif, apprécie Tanguy. Il y a à la fois du professionnalisme et de l’humain dans la relation. »

Olivier Nobiron, acheteur-vendeur Bovinéo repère les vaches prêtes pour la boucherie.
Olivier Nobiron, acheteur-vendeur Bovinéo repère les vaches prêtes pour la boucherie.

Ce mardi matin, Tanguy est au côté d’Olivier dans la stabulation où se trouvent les Blondes d’Aquitaine en cours de finition. « La ligne de dos est bien arrondie et ça rebondit à l’attache de la queue », observe Olivier qui note sur son carnet la référence de la vache. Elle fait partie des six animaux qui seront prochainement commercialisés sous label, soit le Label Rouge Bœuf fermier de Vendée, soit le label 05/11 géré par l’ABPA pour la Bretagne. « Pour répondre au cahier des charges de ces deux labels, la vache doit notamment être âgée de moins huit ans avec un poids supérieur à 420Kg, un état d’engraissement de niveau 3, ni trop grasse, ni trop maigre », précise Olivier. La finition vient juste de commencer et Tanguy est satisfait. « L’an dernier, j’avais du bon maïs ensilage qui a bien profité aux vaches ». Plusieurs vaches sont déjà prêtes à partir. Les autres suivront en fonction de la demande et de l’état d’engraissement. 100% seront commercialisées par Bovinéo. Une fidélité qui répond à une relation de confiance.

*Bac pro Conduite et gestion de l’entreprise agricole (CGEA)

**BTS Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole (ACSE)

À écouter

Le podcast À la rencontre de Tanguy Moreau

Le saviez-vous ?

La Dotation Élevage Cavac souffle ses cinq ans ce mois-ci ! Depuis sa création, près de trois millions d’euros ont été versés à 343 éleveuses et éleveurs pour leur projet d’installation pour toutes les productions animales. Cette dotation illustre l’engagement de Cavac en faveur du renouvellement des générations. Sur les 76 projets soutenus sur l’exercice 2025/26, 45 projets dont celui de Tanguy Moreau concernaient Bovinéo.

Blondes d'Aquitaine dans le Marais Breton
Blondes d’Aquitaine dans le Marais Breton
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